La retraite progressive représente une solution innovante pour aménager la fin de carrière professionnelle. Ce dispositif permet aux actifs de réduire progressivement leur temps de travail tout en percevant une fraction de leur pension de retraite. Cette transition douce vers la cessation complète d’activité offre aux travailleurs la possibilité de maintenir un revenu équivalent à un temps plein, tout en continuant à cotiser pour améliorer leurs futurs droits à la retraite. Avec l’abaissement de l’âge d’ouverture du droit à 60 ans depuis septembre 2025, la retraite progressive devient plus accessible et constitue une alternative intéressante au départ immédiat en retraite ou au cumul emploi-retraite.

Conditions d’éligibilité à la retraite progressive selon les régimes CNAV et AGIRC-ARRCO

L’accès à la retraite progressive nécessite de remplir plusieurs conditions cumulatives qui varient selon le statut professionnel de l’assuré. Ces critères ont été harmonisés entre les différents régimes pour faciliter l’accès au dispositif et encourager le maintien en activité des seniors.

Seuils d’âge minimum : 60 ans pour les assurés nés après 1955

Depuis le 1er septembre 2025, l’âge minimal pour bénéficier de la retraite progressive a été fixé à 60 ans pour tous les assurés, quelle que soit leur année de naissance. Cette mesure constitue un assouplissement significatif par rapport aux règles antérieures qui prévoyaient un âge variable selon la génération. L’abaissement de ce seuil répond aux objectifs de maintien en emploi des seniors et de transition progressive vers la retraite.

Cette uniformisation facilite la compréhension du dispositif et permet aux employeurs d’anticiper plus efficacement la gestion des fins de carrière de leurs salariés. Les assurés peuvent désormais planifier leur passage en retraite progressive dès l’âge de 60 ans, indépendamment de leur âge légal de départ à la retraite.

Durée de cotisation requise : 150 trimestres validés au régime général

La condition de durée d’assurance exige la validation d’au moins 150 trimestres tous régimes confondus. Cette durée inclut les périodes cotisées, assimilées, rachetées et reconnues équivalentes. Les trimestres de majoration pour enfants, compte prévention pénibilité ou périodes accomplies dans des pays ayant signé des conventions internationales avec la France sont également pris en compte.

Cette exigence de 150 trimestres correspond à 37,5 années de cotisation et garantit que les bénéficiaires disposent déjà d’une base de droits suffisante pour justifier le versement d’une pension partielle. Le calcul s’effectue en additionnant tous les trimestres validés dans l’ensemble des régimes de retraite obligatoires français.

Critères spécifiques pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers

Les agents de la fonction publique territoriale et hospitalière bénéficient de modalités particulières d’accès à la retraite progressive. Pour ces agents, la quotité de travail peut être comprise entre 50 % et 90 % d’un temps complet, offrant ainsi une plus grande flexibilité que dans le secteur privé. Cette amplitude élargie tient compte des spécificités du service public et des contraintes organisationnelles des collectivités.

Les agents non titulaires de la fonction publique peuvent également prétendre au dispositif, sous réserve de remplir les

conditions générales d’âge (60 ans) et de durée d’assurance (150 trimestres). En pratique, l’agent doit formuler une demande de temps partiel de fin de carrière auprès de son employeur public, puis déposer une demande de retraite progressive auprès de sa caisse de retraite (CNRACL ou SRE, puis CNAV et régimes complémentaires le cas échéant). La fraction de pension versée est calculée en fonction de la quotité de travail retenue, comme dans le secteur privé.

Particularité importante : les fonctionnaires peuvent, dans certains cas, accéder à une quotité de travail plus élevée (jusqu’à 90 %) tout en percevant une fraction réduite de pension (par exemple 10 %). Cette souplesse est intéressante pour ceux qui souhaitent rester très présents dans le service, mais qui veulent commencer à sécuriser une partie de leur future retraite et tester progressivement la baisse d’activité.

Dérogations pour les carrières longues et situations d’inaptitude

Les dérogations accordées dans le cadre de la retraite progressive concernent moins l’âge d’accès au dispositif que les conditions de liquidation définitive de la pension. Les assurés relevant d’un dispositif de carrière longue peuvent, sous réserve de remplir les critères de trimestres cotisés jeunes, partir en retraite définitive avant l’âge légal, après une phase plus ou moins longue de retraite progressive débutée à 60 ans. Dans ce cas, la retraite progressive joue le rôle de sas entre activité et départ anticipé.

S’agissant des situations d’inaptitude au travail ou de handicap, la logique est différente : lorsque l’état de santé ne permet plus la poursuite d’une activité, la retraite progressive perd son intérêt, au profit d’une liquidation définitive éventuellement avec un taux plein non conditionné par la durée d’assurance. En revanche, pour certains assurés dont la capacité de travail est réduite mais pas totalement anéantie, la retraite progressive peut constituer une solution intermédiaire pragmatique, à condition que le médecin du travail et l’employeur valident un aménagement durable du poste.

Il convient enfin de rappeler que les bénéficiaires d’une préretraite (légale, conventionnelle ou décidée unilatéralement par l’employeur) sont exclus du dispositif de retraite progressive, sauf droits acquis avant le 27 décembre 2023. De même, un salarié qui utilise son indemnité de départ à la retraite pour maintenir sa rémunération à l’occasion d’un passage à temps partiel ne peut pas cumuler ce mécanisme avec la retraite progressive.

Modalités de réduction du temps de travail et calcul de la quotité

La retraite progressive repose sur une réduction effective du temps de travail ou des revenus professionnels. C’est cette baisse qui sert de base au calcul de la fraction de pension versée. Comprendre la notion de quotité de travail est donc essentiel pour optimiser votre stratégie de fin de carrière et éviter les mauvaises surprises sur le montant de votre pension partielle.

Fourchette réglementaire : activité comprise entre 40% et 80% du temps plein

Dans le secteur privé, la loi impose que la durée de travail soit comprise entre 40 % et 80 % d’un temps complet dans l’entreprise. Concrètement, si la durée collective est de 35 heures hebdomadaires, votre contrat de travail à temps partiel devra se situer entre 14 heures (40 %) et 28 heures (80 %) par semaine. En-deçà de 40 %, vous ne pouvez plus bénéficier de la retraite progressive ; au-delà de 80 %, le dispositif n’est pas ouvert.

La fraction de pension de retraite versée est calculée comme la différence entre 100 % et votre quotité de travail. Par exemple, un temps partiel à 60 % correspond à une fraction de pension de 40 %. Si vous perceviez 1 800 € de retraite complète au moment de votre entrée dans le dispositif, votre pension progressive serait de 720 € (40 % de 1 800 €), en complément de votre salaire à 60 %.

Pour les salariés en forfait jours, la même logique s’applique, mais la référence est le nombre de jours travaillé dans l’année par rapport au plafond légal de 218 jours. Travailler 150 jours par an correspond par exemple à une quotité de 69 % (150 / 218), ce qui ouvre droit à 31 % de la pension. C’est un peu comme ajuster le curseur d’un variateur de lumière : plus vous réduisez votre temps de travail, plus la fraction de retraite progresse.

Conversion des heures supplémentaires en équivalent temps partiel

Une question fréquente concerne le traitement des heures supplémentaires dans le cadre de la retraite progressive. Pour l’appréciation de la quotité de travail, on se réfère au temps contractuel prévu par le contrat de travail, et non au nombre exact d’heures réalisées ponctuellement. Autrement dit, ce sont les heures inscrites au contrat (par exemple 24 heures hebdomadaires) qui servent de base, même si vous effectuez occasionnellement des heures complémentaires ou supplémentaires.

Cependant, si le recours aux heures supplémentaires devient structurel et modifie durablement la réalité de votre temps de travail, la caisse de retraite peut procéder à des vérifications. En pratique, mieux vaut éviter d’organiser un temps partiel « de façade » à 80 % compensé par un volume important d’heures supplémentaires, au risque de remettre en cause le caractère réellement réduit de l’activité. Si vos heures supplémentaires sont intégrées dans un avenant régulier, la quotité doit alors être recalculée sur la nouvelle base contractuelle.

Lorsque vous cumulez plusieurs emplois à temps partiel, la quotité globale est déterminée en additionnant les quotités de chaque contrat, chacune étant rapportée à un temps plein dans l’entreprise concernée. Vous devez alors veiller à ce que la somme reste comprise entre 40 % et 80 %. À défaut, la retraite progressive sera suspendue ou supprimée, ce qui peut avoir un impact notable sur votre revenu global.

Gestion des contrats CDD et missions d’intérim en retraite progressive

La retraite progressive n’est pas réservée aux salariés en CDI. Vous pouvez aussi en bénéficier avec un CDD ou dans le cadre de missions d’intérim, à condition que la durée de travail soit clairement définie et régulière, et qu’elle respecte la fourchette réglementaire de 40 % à 80 % d’un temps plein. La caisse de retraite exigera alors le contrat de travail et, le cas échéant, les relevés de missions pour vérifier la quotité.

En cas d’enchaînement de CDD ou de missions d’intérim, la difficulté pratique tient à la continuité de l’activité et à la stabilité de la quotité de travail. Une période sans contrat ou une mission qui vous fait dépasser durablement 80 % peut entraîner une suspension voire une suppression de la retraite progressive. Il est donc crucial d’anticiper et d’informer votre Carsat de tout changement significatif de situation contractuelle.

Si vous alternez périodes de travail et chômage, la fraction de pension continue d’être versée tant que, lors des périodes travaillées, la quotité reste dans les limites autorisées. En pratique, toutefois, la retraite progressive est plus simple à gérer avec un contrat relativement stable, ce qui explique qu’elle soit surtout utilisée par des salariés en CDI ou en CDD longs.

Spécificités pour les professions libérales et auto-entrepreneurs

Pour les professions libérales, auto-entrepreneurs, artisans et commerçants, la retraite progressive repose non pas sur une durée de travail en heures, mais sur une réduction de revenu d’activité. Le législateur impose une baisse comprise entre 20 % et 60 % de vos revenus professionnels par rapport à une moyenne de référence (souvent la moyenne des cinq dernières années déclarées). La part de retraite servie est alors proportionnelle à cette baisse.

Par exemple, si vos revenus professionnels diminuent de 40 % (par choix ou en raison d’une réduction volontaire de votre activité), vous pouvez percevoir 40 % de votre retraite tout en continuant à exercer. La première année, une fraction provisoire (en général 50 %) est versée, puis une régularisation intervient lorsque les revenus réels sont connus via votre déclaration fiscale. Cette mécanique peut rappeler un système d’acomptes et de solde, comme pour l’impôt sur le revenu.

Les indépendants doivent fournir chaque année, avant le 1er juillet, leurs déclarations fiscales afin que la caisse vérifie le respect de la réduction de revenus et ajuste, si besoin, la fraction de pension. Là encore, une baisse insuffisante (< 20 %) entraîne l’absence de versement, tandis qu’une augmentation trop forte des revenus peut conduire à une suspension ou suppression de la retraite progressive.

Mécanisme de liquidation provisoire et calcul de la pension partielle

Sur le plan juridique, la retraite progressive repose sur une liquidation provisoire des droits à retraite. L’ensemble de vos droits acquis au jour de la demande est calculé comme pour une retraite définitive, mais seule une fraction de cette pension est versée. Lorsque vous cesserez totalement votre activité, une nouvelle liquidation interviendra, intégrant les droits constitués pendant la période de retraite progressive.

Application du coefficient de minoration temporaire sur les points AGIRC-ARRCO

Dans le cadre de la retraite progressive, les régimes complémentaires AGIRC-ARRCO appliquent leurs règles habituelles de calcul des points, mais la pension servie est, là aussi, fractionnée selon votre quotité de travail. Le coefficient de minoration (souvent appelé « abattement » ou « décote ») applicable en fonction de votre âge et de votre durée d’assurance est calculé comme pour une liquidation classique, puis appliqué au montant de référence avant d’être proratisé.

La bonne nouvelle est que la minoration appliquée dans le cadre de la retraite progressive est, par nature, temporaire. Lors de la liquidation définitive, une nouvelle étude de vos droits est réalisée, tenant compte des points acquis pendant la période de retraite progressive et, le cas échéant, de votre âge plus avancé, ce qui peut réduire voire supprimer la décote. Vous ne « figez » donc pas définitivement une pension minorée en choisissant ce dispositif.

En pratique, l’AGIRC-ARRCO verse la même quotité de pension que le régime de base : si votre fraction CNAV est de 40 %, vos retraites complémentaires seront également payées à 40 %. Ce parallélisme simplifie la compréhension pour l’assuré, qui peut estimer plus facilement son revenu global (salaire à temps partiel + fraction de pension).

Prise en compte de la surcote dans le calcul différentiel

Si vous poursuivez votre activité au-delà de l’âge légal et que vous continuez à valider des trimestres au-delà de la durée requise pour le taux plein, vous pouvez bénéficier d’une surcote. Cette majoration s’applique aussi dans le cadre de la retraite progressive. Autrement dit, les trimestres supplémentaires validés pendant cette période viendront augmenter le montant de votre pension définitive.

La logique est la suivante : lors de la première liquidation (provisoire), la CNAV calcule vos droits avec le taux applicable à la date de votre passage en retraite progressive. Lors de la liquidation définitive, un nouveau calcul intègre les trimestres validés pendant la retraite progressive et applique, le cas échéant, un taux supérieur grâce à la surcote. C’est un peu comme si vous « repassiez à la caisse » avec un panier plus rempli, ce qui permet d’obtenir un montant de retraite plus élevé.

Pour optimiser cette surcote, il peut être pertinent de comparer plusieurs dates de départ définitif en retraite progressive, en tenant compte du nombre de trimestres validés supplémentaires et de l’impact financier à long terme. Une simulation personnalisée auprès de vos caisses ou d’un conseiller spécialisé peut vous aider à arbitrer entre un départ plus précoce et une durée de surcote optimisée.

Régularisation trimestrielle des cotisations patronales et salariales

Pendant la retraite progressive, les cotisations de retraite de base et complémentaire continuent d’être prélevées sur votre salaire à temps partiel, selon les règles classiques. Avec l’accord écrit de votre employeur, vous pouvez même surcotiser sur la base d’un temps plein, ce qui permet de valider autant de trimestres et de points que si vous étiez resté à 100 % de votre temps de travail.

Les régimes AGIRC-ARRCO, en particulier, procèdent à une régularisation des cotisations et des points sur une base trimestrielle. Les cotisations sont appelées sur le salaire réel (ou reconstitué en cas de surcotisation), puis les points sont crédités en conséquence. Cette régularisation périodique permet de suivre au plus près l’évolution de vos droits, mais elle suppose une bonne coordination entre l’employeur, l’URSSAF et les caisses de retraite.

Pour les indépendants en retraite progressive, la régularisation se fait en général à partir des revenus annuels déclarés à l’administration fiscale. La caisse compare la baisse effective de revenu aux seuils réglementaires (20 % à 60 %) et ajuste, si nécessaire, la fraction de pension ou réclame la restitution d’un trop-perçu. Il est donc prudent d’anticiper vos fluctuations de chiffre d’affaires si vous êtes auto-entrepreneur ou professionnel libéral.

Impact du malus AGIRC-ARRCO sur la pension définitive

Le fameux malus AGIRC-ARRCO (coefficient de solidarité temporaire) a suscité de nombreuses interrogations chez les futurs retraités. En principe, ce malus de 10 % pendant trois ans s’applique lorsque l’assuré liquide sa retraite complémentaire dès qu’il remplit les conditions du taux plein au régime de base. Dans le cadre de la retraite progressive, la situation est plus nuancée.

La liquidation provisoire de vos droits AGIRC-ARRCO peut entraîner l’application d’un coefficient de solidarité, mais son impact doit être apprécié à la lumière de la date de liquidation définitive. Si vous prolongez suffisamment votre activité en retraite progressive, vous pouvez, au moment de votre retraite complète, limiter ou neutraliser ce malus selon les règles en vigueur à cette date. Le contexte réglementaire évoluant régulièrement, il est recommandé de vérifier les dispositions applicables l’année de votre départ.

Concrètement, l’enjeu consiste à arbitrer entre un départ en retraite progressive relativement tôt, avec un malus initial sur la fraction de pension, et un maintien plus long en activité réduite permettant, au final, de bénéficier d’une retraite définitive sans pénalité ou avec une pénalité réduite. Là encore, une simulation chiffrée est indispensable pour faire le bon choix.

Procédure administrative et dossier de demande cerfa 13362

La mise en place de la retraite progressive passe par deux étapes distinctes : l’accord de l’employeur sur le passage à temps partiel (ou temps réduit) et la demande officielle de retraite progressive auprès des caisses de retraite. Pour le régime général, cette démarche s’effectue via le formulaire Cerfa 13362 ou, plus simplement, en ligne grâce au service « Demander ma retraite progressive » sur le portail Info-Retraite.

Au minimum cinq mois avant la date souhaitée d’entrée en retraite progressive, vous devez déposer votre demande auprès de la caisse dont vous relevez (Carsat, MSA, etc.). Le formulaire Cerfa 13362 doit être accompagné d’une attestation employeur précisant la durée de travail à temps complet dans l’entreprise, votre nouvelle quotité de travail, la date d’effet du temps partiel, ainsi que vos derniers bulletins de salaire. Une déclaration sur l’honneur attestant que vous n’exercez aucune autre activité professionnelle que celle déclarée est également exigée.

Si vous avez plusieurs employeurs, chacun doit remplir une attestation distincte, et la caisse calculera une quotité globale. Pour les indépendants, le dossier comprendra leurs déclarations fiscales des cinq dernières années et une déclaration sur l’honneur attestant de l’exercice d’une seule activité professionnelle. Une fois la demande instruite, la caisse notifie sa décision et informe les autres régimes (complémentaires, libéraux, agricoles) afin que la fraction de pension soit versée de manière coordonnée.

Optimisation fiscale et cumul avec les dispositifs d’épargne retraite PER

La retraite progressive offre une fenêtre intéressante pour optimiser votre fiscalité et vos dispositifs d’épargne retraite, notamment le plan d’épargne retraite (PER). En combinant un salaire à temps partiel, une fraction de pension et d’éventuels retraits programmés de votre PER, vous pouvez lisser vos revenus sur plusieurs années et éviter de franchir brutalement des tranches d’imposition plus élevées.

Durant la phase de retraite progressive, vous continuez de percevoir un revenu d’activité, ce qui peut maintenir votre capacité à effectuer des versements déductibles sur votre PER individuel ou collectif. Ces versements viennent réduire votre revenu imposable, tout en préparant des compléments de revenus futurs. C’est un peu comme empiler des briques pour consolider un mur : chaque année de retraite progressive peut renforcer la solidité de votre stratégie retraite globale.

Au moment de la sortie du PER, vous pouvez choisir entre une sortie en capital fractionnée et une sortie en rente (ou un mixte des deux). En phase de retraite progressive, programmer des sorties partielles de capital ciblées peut permettre de financer un projet (travaux, aide aux enfants) sans alourdir de manière excessive votre imposition annuelle, surtout si votre taux marginal a baissé par rapport à votre fin de carrière à temps plein.

Transition vers la retraite définitive et régularisation des droits acquis

Lorsque vous décidez de cesser totalement votre activité professionnelle, la retraite progressive laisse place à une retraite définitive. Ce passage n’est pas automatique : vous devez déposer une nouvelle demande de retraite, cette fois définitive, auprès de l’ensemble de vos régimes (via Info-Retraite ou les formulaires dédiés). La pension complète est alors recalculée en intégrant les droits acquis pendant la période de retraite progressive.

La caisse de retraite garantit que le montant de votre pension définitive ne pourra pas être inférieur au montant provisoire qui avait servi de base à la retraite progressive, revalorisé le cas échéant. Autrement dit, la retraite progressive ne peut pas vous pénaliser en termes de droits acquis. En revanche, si vous avez continué à travailler et à cotiser, vous pouvez espérer une pension supérieure grâce aux trimestres et points supplémentaires validés, ainsi qu’à une éventuelle surcote.

À l’issue de cette régularisation, si vous reprenez une activité professionnelle, vous basculez alors dans le cadre du cumul emploi-retraite, avec des règles différentes et, à partir de 2027, plus restrictives pour les départs anticipés. D’où l’intérêt de bien dissocier, dans votre stratégie globale, la phase de retraite progressive (avant la liquidation définitive) et la phase de cumul emploi-retraite (après liquidation complète), afin de tirer le meilleur parti de chaque dispositif et de sécuriser au mieux votre revenu tout au long de votre fin de carrière.